Prix de l’énergie pour les professionnels : le point marché Mobilians – 15 avril 2026
Depuis l’annonce du cessez-le-feu en Iran, les prix du gaz dévissent. Le CAL 27 chute de 12,6 % par rapport au 7 avril. Le marché de l’électricité suit une trajectoire légèrement haussière, due au conflit en Iran et à une augmentation nécessaire de la valeur de l’électricité, toujours inférieure aux coûts de production. Le paysage énergétique demeure dans une incertitude profonde et inconfortable. La volatilité des prix se maintient élevée, tout comme le tarif spot du gaz et les prix du pétrole. La volonté des États-Unis de renforcer leur contrôle sur le détroit d’Ormuz est à double tranchant.
Le contrat annuel d’électricité CAL 2027 corrige nettement la hausse observée ces dernières semaines, provoquée par les tensions au Moyen-Orient, et revient vers un niveau plus cohérent avec les autres produits calendaires.
À ce stade, 2027 reste le millésime le plus directement exposé au contexte géopolitique. Les produits plus lointains évoluent aussi à la hausse, mais dans des proportions plus modérées : +3 % sur le CAL 2028 et +3,2 % sur le CAL 2030 en douze jours.
Cette évolution ne s’explique pas uniquement par la situation au Moyen-Orient. Elle reflète aussi des facteurs plus structurels sur le marché français de l’électricité. D’un côté, les prix repartent après les niveaux exceptionnellement bas enregistrés en février. De l’autre, les marchés à terme intègrent davantage les besoins à venir : hausse de la demande liée à l’électrification et investissements nécessaires pour moderniser le parc de production.
Pour les entreprises des services de l’automobile, cette séquence confirme un point de vigilance : le marché reste sensible aux chocs extérieurs à court terme, mais les prix à plus long terme sont désormais surtout soutenus par des déterminants internes au système électrique français.
La baisse récente des prix du gaz était largement anticipée. Après les fortes tensions observées en mars, le marché attendait un signal de détente, en particulier sur le front géopolitique. Dans ce contexte, le contrat annuel CAL 2027 recule fortement, avec une baisse de 12,6 % en six jours.
Cette correction ne signifie pas pour autant un retour à la normale. Le prix spot reste élevé, autour de 45 €/MWh, ce qui confirme que le marché gazier demeure sous tension. Autrement dit, la baisse des contrats à terme traduit surtout un ajustement après la hausse, et non une disparition du risque.
Le facteur principal reste inchangé : la vulnérabilité des approvisionnements internationaux, notamment pour les flux d’hydrocarbures liés au détroit d’Ormuz. À ce stade, les pays les plus dépendants de cette zone ne disposent pas d’alternatives suffisantes pour neutraliser rapidement un nouveau choc. Les tensions persistantes au Moyen-Orient entretiennent donc le risque d’un regain brutal sur les prix, d’autant que les menaces de blocage ou de durcissement des échanges maritimes restent présentes.
Pour les entreprises des services de l’automobile, le signal est clair : le marché du gaz reste instable, même en phase de repli, et les mouvements de baisse peuvent être rapidement remis en cause par une dégradation du contexte international.
En pratique, l’évolution du gaz pour 2027 dépendra directement de la suite de la séquence géopolitique. Tant que la situation restera incertaine, le marché conservera un fort potentiel de rebond à court terme, avec une volatilité toujours élevée.
En cas de renégociation ou de changement de contrat dans les prochaines semaines, il reste conseillé de sécuriser dès maintenant les conditions d’achat, en privilégiant si possible une formule à prix fixe ou offrant une meilleure visibilité budgétaire.
Cette recommandation vaut d’abord pour le gaz : malgré la récente baisse, le marché reste instable et exposé à un rebond rapide en cas de nouvelle tension géopolitique. Les entreprises concernées par le GNV ou le bioGNV doivent rester particulièrement vigilantes.
Sur l’électricité, la tension s’est modérée sur 2027, mais les prix à terme demeurent soutenus par des facteurs structurels. Pour les échéances à un an ou plus, il est donc préférable de surveiller les fenêtres d’accalmie pour se positionner, plutôt que d’attendre un retour marqué des prix à la baisse.