LE MOT DU PRÉSIDENT - OCTOBRE 2026
Par Paul GALLAUD, président national du métier des centres de lavage de MOBILIANS
L’hiver ne réparera pas l’été
Après des semaines, des mois de fermeture, un centre de lavage qui rouvre ne récupère pas le chiffre d’affaires qu’il a perdu. Les charges ont continué à courir et les recettes des semaines de fermeture sont définitivement perdues. Pour beaucoup d’exploitants, les conséquences de cette sécheresse vont se prolonger bien au-delà de la levée des restrictions.
Je suis exploitant, comme vous. Je sais ce que représente la trésorerie constituée pendant les périodes de forte activité : elle permet de payer les échéances, d’entretenir les installations et de traverser les mois plus difficiles. Lorsque cette réserve manque, tout l’équilibre de l’entreprise se fragilise. Reporter des charges peut donner un peu d’air, mais ne remplace pas la possibilité de travailler. L’hiver ne réparera pas l’été.
À l’issue de notre réunion du 1er octobre avec les représentants de l’État, j’ai exprimé notre colère et notre profonde déception. Aujourd’hui encore, l’État ne nous apporte aucune solution à la hauteur de la situation. Nous dénonçons le traitement discriminant réservé à notre profession : nous sommes le seul métier économique soumis à une fermeture complète en période de crise sécheresse, alors que les autres activités sont appelées à réduire leur consommation.
Sur le plan national, nous avons engagé des actions juridiques dont nous attendons les suites. Nous faisons face à un État qui dispose de tous les leviers de décision et qui peine à remettre en cause ses propres choix. À ce stade, je ne peux pas en dire davantage. Mais notre détermination est entière : chez MOBILIANS, nous ne lâcherons rien.
Cette crise, qui se poursuit encore dans certains territoires, nous a aussi montré combien notre force dépend de notre présence sur le terrain. Nous devons être nombreux, organisés et représentés dans chaque département.
Je remercie les adhérents qui nous ont rejoints, ainsi que celles et ceux qui consacrent leur temps, leur courage et leur énergie à défendre localement notre métier. Je pense particulièrement aux présidents régionaux et départementaux Lavage, aux responsables territoriaux de MOBILIANS et à tous les professionnels engagés à leurs côtés.
Leur mobilisation a permis d’obtenir, dans certains territoires, des assouplissements, des dérogations et des réouvertures, y compris alors que le niveau de crise était encore en vigueur. Ces avancées comptent pour les entreprises concernées. Elles doivent aussi nous servir de points d’appui pour obtenir ce que nous demandons depuis longtemps : une évolution profonde de la manière dont notre métier est considéré au niveau national.
Mais dans certains départements, des postes de représentants Lavage restent à pourvoir. Mon message est donc aussi un appel à candidatures. Impliquez-vous, prenez contact avec vos équipes territoriales, venez défendre votre métier au sein de la maison MOBILIANS. Votre connaissance du terrain est indispensable pour porter nos demandes auprès des préfectures et des services de l’État.
C’est maintenant qu’il faut préparer les règles de la prochaine sécheresse. La période hivernale doit être mise à profit pour rencontrer nos interlocuteurs et peser sur la préparation ou la révision des arrêtés-cadres sécheresse. Lorsque les restrictions s’appliquent en été, le cadre est déjà fixé et les marges de discussion se réduisent considérablement. Des dispositions mal adaptées peuvent alors avoir des conséquences catastrophiques pour nos entreprises.
Nos réunions régionales sont l’occasion de construire cette mobilisation. Faites remonter vos difficultés, les conséquences économiques des fermetures, vos consommations et les résultats de vos investissements. Chaque donnée documentée renforce notre capacité à défendre des solutions concrètes.
Nous poursuivons également notre travail technique. J’assure, au nom de MOBILIANS, la présidence des travaux de normalisation française des systèmes de recyclage des eaux de lavage au sein de l’AFNOR. Le projet de norme, soumis à enquête publique jusqu’au 12 novembre, constitue une étape importante de cet engagement. Participez à cette consultation : notre expérience d’exploitants doit contribuer à construire des exigences sérieuses, vérifiables et adaptées à nos installations.
Enfin, l’approche de l’élection présidentielle fait peser un risque d’attentisme et d’immobilisme dans l’attente des prochaines échéances politiques. Nous devons utiliser cette période pour faire entendre nos demandes. Le livre blanc de MOBILIANS est déjà réalisé et sa diffusion auprès des différents candidats à la présidentielle est en cours. Cette démarche doit permettre à chacun de prendre pleinement conscience des difficultés rencontrées par notre profession et des décisions nécessaires pour lui donner un avenir.
Je connais la fatigue et la colère qui traversent notre métier. Je les partage. Je mesure aussi la force de celles et ceux qui continuent à se mobiliser malgré leurs propres difficultés.
Nous avons besoin de pouvoir travailler, investir et nous projeter. Les avancées locales montrent que notre mobilisation peut faire bouger les lignes. À nous de les transformer, ensemble, en changements durables pour toute la profession.