45 % des centres de lavage fermés : notre profession ne peut plus attendre

À ce jour, 45 % des sites de lavage sont fermés. Derrière ce chiffre, il y a des entreprises privées de chiffre d’affaires, des salariés inquiets et des exploitants qui ne savent pas quand ils pourront reprendre leur activité. Pour beaucoup de petites entreprises, les loyers, les emprunts et les autres charges continuent pourtant de courir.

La sécheresse impose un effort collectif. Notre profession en prend sa part. Depuis des années, les centres de lavage investissent pour utiliser moins d’eau, améliorer leurs programmes, recycler lorsque cela est possible et collecter les eaux usées. Un lavage à haute pression utilise environ 60 litres d’eau ; un programme économique sur portique, autour de 120 litres. Laver en centre permet aussi de maîtriser les rejets, ce qui n’est pas toujours le cas lorsque le lavage se reporte à domicile.

Je connais toutefois les limites de nos équipements. Un centre qui recycle 70 % de son eau ne fonctionne pas en circuit fermé. Chaque technologie a ses usages, ses contraintes sanitaires et ses coûts. C’est précisément pour cela que nous travaillons à définir des critères techniques sérieux et vérifiables, notamment au sein de l’AFNOR.

Ce que nous demandons aujourd’hui, c’est que les restrictions tiennent compte des résultats obtenus sur chaque site. Un exploitant capable de mesurer ses prélèvements et de réduire les volumes utilisés doit pouvoir maintenir une activité encadrée, avec des objectifs chiffrés et contrôlables. Fermer son centre malgré ses investissements revient à lui retirer toute visibilité pour poursuivre cette transition.

Il faut aussi regarder ce que deviennent les lavages qui ne se font plus en station. Si une partie d’entre eux se reporte à domicile, l’économie d’eau attendue peut être réduite, voire annulée, tandis que la collecte des effluents devient moins maîtrisée. Une décision efficace doit être évaluée à ses effets réels.

Avec 45 % des sites fermés, nous ne pouvons plus nous contenter de réponses au cas par cas. J’appelle l’État à engager sans délai, avec MOBILIANS, un Contrat stratégique de filière : une trajectoire de réduction des prélèvements, des engagements mesurables de la profession et des règles qui reconnaissent les investissements réalisés.

Les professionnels sont prêts à faire leur part et à rendre des comptes. Ils ont besoin de pouvoir travailler pour continuer à investir.