L’organisme technique central (OTC) a publié aujourd’hui le bilan d’activité 2019 des centres de contrôle technique pour les véhicules légers.

Situation inquiétante du marché du contrôle technique

En 2019, pour l’ensemble des véhicules, 24 764 636 contrôles techniques ont été réalisés, soit une baisse du volume d’activité par rapport à 2018. L’anticipation des automobilistes en 2018 avant la réforme ne peut expliquer cette baisse en 2019, puisqu’en 2018 le marché ne progressait que de 0,4%.

Si depuis 2010, le nombre de Contrôles Techniques Périodiques augmente chaque année entre 1% et 4%, l’année 2019 marque un très net recul avec 738 753 Contrôles Techniques périodiques de moins réalisés comparativement à 2018, soit une baisse de 3,57 %. Ces chiffres confirment la situation préoccupante du marché du contrôle technique en 2019, sur laquelle le CNPA avait alerté fin décembre dans un courrier adressé au Premier Ministre.

En effet, cela signifie que de nombreux véhicules, potentiellement dangereux et/ou polluants, ne passent pas ou plus leur contrôle technique.

Un taux de contre-visite qui reste stable

Le taux de prescription de contre-visites pour les véhicules particuliers et les VUL s’établit à 21,73 %, un chiffre plutôt stable par rapport à 2018, qui était de 21,51 % entre le 20 mai et le 31 décembre, sur un nombre de critères de défaillances identique. Sur l’ensemble de ces véhicules déclarés non conformes en 2019 :

  • 20,78 % le sont pour défaillances majeures ;
  • 0,95 % pour défaillances critiques, soit 187 000 véhicules dangereux.

Les défaillances critiques concernent principalement les fonctions freinage et pneumatiques.

L’amélioration du contrôle pollution des véhicules diesel au 1er juillet 2019 a permis de détecter davantage de véhicules dépassant les limites d’opacité, dans une proportion très éloignée des chiffres alarmistes qui avaient pu être avancés au moment de la réforme : toutes énergies confondues, le taux de non-conformité, qui était de 6,89 % à partir du 20 mai 2018, s’est établi à 7,63 % en 2019.

La réforme du 1er juillet 2019 sur l’opacité des véhicules diesel s’est traduite par une faible augmentation des contre-visites, passant de 4,82 % avant le 1er juillet à 5,70 % sur les six derniers mois de l’année. Ce sont près de 40 000 véhicules polluants qui n’ont pu être détectés du fait du report de la réforme.

Caractéristiques du parc contrôlé

L’âge moyen des véhicules contrôlés est globalement en légère baisse, passant de 12,16 ans en 2018 à 11,97 ans  en 2019. 

Sans surprise, le taux de contre-visite augmente avec l’âge du véhicule contrôlé. Ainsi :

  • les véhicules particuliers (M1) de moins de 4 ans ont un taux de contre-visite de 4,49 % (dont 0,13% pour défaillance critique)
  • les véhicules entre 4 et 7 ans ont un taux de contre-visite de 7,89 % (dont 0,25% pour défaillances critiques)
  • les véhicules entre 7 et 10 ans ont un taux de contre-visite de 14,69 % (dont 0,47% pour défaillances critiques)
  • enfin, les véhicules de plus de 10 ans ont un taux de contre-visite de 29,52% (dont 1,31% pour défaillances critiques).

Le taux de contre-visite est encore plus important s’agissant des véhicules utilitaires légers (N1), puisque les VUL entre 7 et 10 ans ont un taux de CV de 21,02 % (dont 0,88% pour défaillances critiques).

Le contrôle technique joue un rôle essentiel dans la gestion responsable du parc automobile. Pour cette raison, le CNPA rappelle sa proposition d’annualiser le contrôle technique à partir de la 7ème année de mise en circulation d’un véhicule. Rappelons qu’un entretien préventif régulier associé à un contrôle technique annuel favorise une baisse du coût global de l’entretien du véhicule tout au long de sa vie et permet d’améliorer la sécurité routière.

Enfin, pour lutter contre le comportement de report voire d’évitement du contrôle technique, le CNPA rappelle quatre propositions simples et rapides à mettre en œuvre :

  • Mise en place de l’automatisation des relances des propriétaires des véhicules dont le contrôle technique arrive à échéance ;
  • Majoration de l’amende forfaitaire afin d’en faire une véritable sanction dissuasive ;
  • Intégrer le contrôle technique dans le périmètre de la vidéo-verbalisation, afin d’identifier et verbaliser les véhicules en défaut ;
  • Présentation d’un contrôle technique de moins de six mois lors de la souscription d’une assurance automobile.

 

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