Le Moove Lab et Roland Berger dévoilent les résultats de la troisième édition de l’Observatoire des startups françaises de la mobilité.

Méthodologie de l’étude

L’Observatoire a pour objectif d'analyser les tendances d’innovation dans les secteurs des transports et de la mobilité en France, en s’appuyant sur les levées de fonds de l'écosystème startup. Il analyse ainsi les levées de fonds des startups françaises des transports et de la mobilité entre 2015 et 2025.

 

Deux périmètres étudiés :

Segment des transports (circulation des personnes et des marchandises, sur terre, en mer ou dans les airs)

Périmètre restreint à la mobilité du quotidien et aux services automobiles

Principles sources :

Base Dealroom.co (données au 4 avril 2026)

Analyses MOBILIANS, Via ID et Roland Berger

Questionnaire (105 réponses) et interviews d’experts (19)

Données traitées :

1135 levées de fonds analysées dans le secteur des transports

Interprétation par MOBILIANS, Via ID et Roland Berger

 

Chiffres clés :

 

689 millions d’euros levés en 2025 dans le secteur des transports : un niveau en net recul par rapport à 2024, 2023 et 2022, mais qui permet néanmoins au secteur de rester dans le peloton de tête des industries les plus financées en France. Les transports sont restés, en 2024, dans le TOP 5 des secteurs les plus financés en France.

Les transports sont restés, en 2025, dans le TOP 5 des secteurs les plus financés en France.

Près de 90 % des investissements se sont concentrés en Île-de-France et en Auvergne-Rhône-Alpes en 2025, confirmant la forte concentration territoriale de l’écosystème.

Bpifrance et EIT Urban Mobility ont confirmé leur rôle structurant, en demeurant les deux investisseurs les plus actifs du secteur.

La France a conforté sa place de deuxième écosystème européen des transports : elle est restée devant l’Allemagne et derrière le Royaume-Uni, toujours leader, dans un contexte marqué par le recul allemand.

Le périmètre de la mobilité du quotidien et des services automobiles s’est inscrit dans la même dynamique de repli que le secteur des transports : les montants levés ont reculé de -48 % en valeur et de -26 % en volume, avec un early stage et un late stage en net recul, tandis que le growth stage apparaît plus résilient.

 


 

 

Une consolidation qui se confirme dans un marché en mutation

Après un premier ajustement en 2024, le secteur des startups des transports poursuit sa phase de consolidation en 2025, avec des levées de fonds en recul de -41 % en valeur et -21 % en volume. Ce repli s’inscrit dans un mouvement plus large de transformation du capital-risque, marqué par une plus grande sélectivité des investisseurs et une évolution des modèles de financement.

Malgré cette baisse, le secteur reste solidement positionné parmi les industries les plus attractives, en se maintenant dans le TOP 5 des secteurs les plus financés en France. À l’échelle européenne, la contraction de l’écosystème français s’inscrit dans une dynamique comparable à celle observée dans les autres grands marchés. La France confirme ainsi sa position de deuxième écosystème européen des transports, derrière le Royaume-Uni, dans un contexte marqué par une performance plus en retrait de l’Allemagne après son rebond de 2024.

La dynamique territoriale demeure fortement concentrée : l’Île-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes représentent à elles seules près de 90 % des montants levés, illustrant le poids des écosystèmes les plus structurés.

Du côté de la mobilité du quotidien et des services automobiles, la tendance est similaire, avec une baisse de -48 % en valeur et -26 % en volume. Contrairement à l’année précédente, ce segment ne bénéficie plus de l’effet de levées exceptionnelles en late stage, traduisant une normalisation du marché.

“Ce ralentissement s’explique par un contexte politico-économique encore incertain, combiné à une évolution profonde des attentes des investisseurs, désormais davantage orientés vers des modèles robustes et rentables. Nous observons également une réallocation du capital vers des thématiques jugées plus stratégiques, comme l’intelligence artificielle ou la souveraineté industrielle. Pour autant, les perspectives restent solides, portées par la décarbonation, l’IA et les enjeux de souveraineté, qui continueront de structurer l’innovation dans la mobilité” souligne Julie Sadaka-Entringer, Directrice du Pôle Solutions de Mobilité et du Moove Lab chez Mobilians.

Un marché qui se restructure en profondeur

L’analyse des levées de fonds en 2025 met en évidence des dynamiques contrastées selon les stades de maturité des startups.

Dans le secteur des transports, le recul est principalement porté par une forte contraction de l’early stage (≤ 15 M€), liée à un ralentissement significatif de la création de startups, une sélectivité accrue des investisseurs et un recours croissant à des financements alternatifs (non dilutifs, bootstrap, bridges), moins visibles dans les données.

Le growth stage (15–40 M€) apparaît plus résilient, soutenu par une baisse des valorisations et de la taille des tours, tandis que le late stage (> 40 M€) entre dans une phase de décroissance, marquée par le recul des méga-levées, notamment dans les infrastructures industrielles telles que les gigafactories ou les réseaux de recharge.

Du côté des startups de la mobilité, la dynamique est comparable : le recul de l’early stage et du late stage traduit des difficultés persistantes à financer les phases d’amorçage et de passage à l’échelle. Le growth stage, en revanche, se maintient à un niveau d’activité relativement stable, confirmant l’intérêt des investisseurs pour des entreprises plus matures et proches d’un modèle économique viable.

Dans ce contexte, Bpifrance et EIT Urban Mobility confirment leur rôle structurant, en demeurant les investisseurs les plus actifs du secteur.

“Dans un environnement plus exigeant, les investisseurs privilégient désormais des projets capables de démontrer rapidement leur pertinence économique. Cette évolution contribue à une forme d’assainissement du marché, en concentrant les financements sur les acteurs les plus solides” explique Olivier Hanoulle, Partner chez Roland Berger.

Un écosystème confronté à de nouveaux arbitrages

Plusieurs facteurs expliquent la poursuite de ce ralentissement. Le contexte politico-économique incertain pèse sur la capacité des investisseurs à se projeter, tandis que les arbitrages budgétaires et les évolutions réglementaires peuvent freiner certaines dynamiques d’investissement.

On observe également une réallocation partielle du capital vers des secteurs jugés plus stratégiques, comme l’intelligence artificielle, la défense, la souveraineté ou les semi-conducteurs, parfois au détriment des sujets liés à l’impact et au climat.

Par ailleurs, certains segments historiquement dynamiques, comme les infrastructures de recharge, voient leurs modèles évoluer avec un recours accru à des financements non dilutifs ou à la dette, ce qui réduit leur visibilité dans les levées de fonds en capital.

Enfin, les projets les plus capitalistiques, notamment dans la deep tech et les infrastructures industrielles, restent confrontés à des défis importants de financement et de passage à l’échelle.

"Le ralentissement observé en 2025 dans l’écosystème des transports reflète celui de l’ensemble de la tech française : hors levée exceptionnelle de Mistral, cette dernière est en recul", explique Clément Guillemot. "À moyen terme, les perspectives dans la mobilité et l’automobile restent solides, portées par la décarbonation, les enjeux de souveraineté et le potentiel de l’IA, avec une montée attendue de cas d’usage de plus en plus verticalisés dans le secteur", ajoute-t-il.

Des fondamentaux solides pour les années à venir

Malgré ce contexte plus exigeant, les perspectives à moyen terme appellent à un optimisme raisonnable mais vigilant.

Les fondamentaux du secteur restent solides, portés par l’ampleur du marché lié à la décarbonation des mobilités, au cœur des enjeux de souveraineté énergétique et de résilience industrielle.

Par ailleurs, la mobilité, l’automobile, la logistique et les transports s’imposent comme des terrains d’application privilégiés pour l’intelligence artificielle. Après une année 2025 marquée par des levées concentrées sur des solutions transversales, un fort potentiel de développement de cas d’usage verticalisés est attendu, notamment dans l’automobile.

Cette dynamique s’appuie enfin sur un écosystème dense et diversifié, couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur. Dans ce contexte, la sélectivité accrue des investisseurs contribue à une évolution du marché vers davantage de maturité, les projets les plus solides et porteurs de perspectives de rentabilité continuant à se financer.

Lien vers l’Observatoire complet

Il comporte, à la fin, un mapping de toutes les startups françaises des secteurs des transports et de la mobilité.

A propos de Roland Berger :

 

Fondé en 1967, Roland Berger est le premier cabinet de conseil de directions générales d’origine européenne et m l'ancrage international. Implanté en France depuis 1990, le bureau de Paris avec plus de 300 collaborateurs, conseille les plus grandes entreprises internationales ainsi que des institutions publiques, sur l’ensemble de leurs problématiques, du conseil stratégique m la mise en œuvre opérationnelle. Avec la conviction que le monde a besoin d'un nouveau paradigme durable sur toute la chaîne de valeur des entreprises, il s’attache m proposer des solutions innovantes, avec une attention particulière portée m l’obtention de résultats concrets et mesurables.

 

 

A propos du Moove Lab :

 

Né de la rencontre entre Mobilians et Via ID, le Moove Lab a pour mission d’accélérer le développement des startups de la mobilité. Il offre pendant 4 mois un accompagnement sur mesure par une équipe d’experts et des opportunités de collaboration avec ses partenaires leaders de la mobilité. Le tout à Station F, le plus grand campus de startup au monde situé à Paris. Depuis 2017, plus de 140 startups de la mobilité et de l'automobile ont été accélérées par le programme. Le Moove Lab est soutenu par des partenaires de premier plan : BMW Group France, EDF, Roole, Bessé Motors, D'Ieteren, EIT Urban Mobility, BCA Expertise, Opteven, l'ANFA, l'OPCO Mobilités, le C3E, l'Agence de l'innovation pour les transports, l'UTPF et NextMove.

 

Contact presse :

 

  • Laure de Verdun, Responsable des Relations Médias – ldeverdun@mobilians.fr