Moderniser le parc roulant pour améliorer la qualité de l'air
Le message de Jacques BRUNEEL sur ce sujet d'actualité
Renouveler le parc de véhicules industriels pour améliorer significativement la qualité de l’air
Selon les chiffres retenus dans la Feuille de Route 2015 issue des tables rondes de la Conférence Environnementale 2014, le transport routier de marchandises contribue pour 14,5% aux émission de gaz à effet de serre, 6,3% aux émissions de CO2, pour 7,3% aux émissions de Nox et 6% aux émissions de particules (PM10).
Ce ne sont pas des proportions inconsidérées pour un secteur qui représente 3,5% du PIB et qui, par nature, consomme de l’énergie.
Et on constate que les consommations de carburants comme les émissions polluantes croissent moins que le PIB et moins que le volume de tonnes/km.
Cette amélioration de la performance environnementale du TRM est directement liée à l’évolution des technologies : amélioration de la puissance des chaines cinématiques, amélioration de l’aérodynamique, réduction drastique des émissions polluantes par les normes Euro 4, Euro 5 puis Euros 6 entrées en vigueur en 2009 et en 2014.
En 10 ans, la technologie a permis de réduire drastiquement les émissions d’un véhicule industriel.
Un véhicule Euro 6 émet 12 fois moins d’oxydes d’azote qu’un véhicule classé en Euro 3 et 8,5 fois moins qu’un véhicule Euro4. Pour les particules fines, les émissions ont été divisées par 2 ; par 3,5 pour les matières imbrûlées.
Pour que ce progrès ait tout son impact sur les émissions polluantes du TRM dans son ensemble, il faut accélérer le renouvellement du parc. Le taux de renouvellement du parc est aujourd’hui de l’ordre de 8% par an ; 40% du parc à une rotation très lente. De sorte qu’au rythme actuel, il faudrait au moins 15 ans pour le progrès technologique se traduise intégralement en terme d’amélioration de la qualité de l’air.
C’est un horizon trop lointain au regard des obligations européennes de la France et au regard de la santé publique.
Au 1er janvier 2014, le parc de poids lourds était encore composé à 30 % de véhicules aux normes Euro 2 et 3 et à 16,5% de véhicules Euro 4.
Que peut-on faire pour réduire de moitié en 5 ans les pollutions atmosphériques du TRM ?
Accélérer la modernisation du parc.
Seule la technologie Euro 6 peut pour le moment être retenue à moyen terme. Se posent pour les autres technologies alternatives :
- l’électrique un problème de puissance pour les camions lourds
- le gaz naturel gazeux ou liquide si et seulement si la distribution est suffisamment maillée.
Pour au moins les 10 prochaines années et pour l’essentiel du TRM hors zone urbaine, les véhicules industriels seront massivement des véhicules Diésel. Aucune autre technologie ne répond mieux aux besoins des missions du TRM. Aussi, il est très regrettable de ne pas tirer tous les avantages des progrès radicaux accomplis récemment sur nos véhicules industriels.
La France est sans initiative pour moderniser le parc.
Des mesures incitatives avaient été mises en œuvre en Allemagne et aux Pays-Bas au début des années 2010, avec un effet massif. Rien en France.
Dans son rapport sur le dispositif Ecotaxe PL, le Député CHANTEGUET avait proposé une tarification de l’Ecotaxe modulée selon le niveau des émissions polluantes des véhicules industriels. Les véhicules contemporains bénéficiaient d’un bonus de 15% ; les plus anciens d’une majoration allant jusqu’à 20%. L’arrêt du dispositif ECO’MOUV en octobre 2014 a mis un terme à cette incitation bien pensée.
Une autre occasion d’encourager la modernisation du parc de PL a été manquée ces jours-ci puisque nos véhicules sont exclus de l’amortissement dégressif exceptionnel annoncé le 08 avril par le Premier Ministre et donc la Loi Macron sera la base légale. Au passage, remercions chacun des 53 députés, issus de 4 groupes parlementaires, qui ont déposé ou soutenu des amendements sur ce point – et que la procédure de l’article 49-3 a empêché de se faire entendre.
Alors qu’elle se prépare à accueillir dans 6 mois la COP 21, la France ne peut-elle rien faire d’autre que restreindre la circulation ou promouvoir des véhicules qui demeurent très rares ?