Chaque jour, près de 900 établissements et 7 900 salariés assurent, 24h/24 et 7j/7, une mission essentielle de sécurité routière aux côtés des forces de l’ordre et des collectivités: sécurisation des routes, enlèvement des véhicules accidentés, interventions d’urgence et gestion des fourrières.

Or, le secteur fait aujourd’hui face à des difficultés économiques et structurelles majeures: hausse du prix du carburant, explosion des coûts d’exploitation et des assurances, tensions sur le recrutement, agressions lors des interventions et absence de revalorisation de certains tarifs réglementés, …

Cette situation fragilise durablement un métier déjà confronté à de profondes mutations technologiques, notamment liées à l’électrification du parc automobile, nécessitant des investissements importants en matériel et en formation.

La demande d’une reconnaissance de l’utilité publique de la profession

Le dépannage-remorquage constitue une profession d'utilité publique aux tarifs réglementés, à ce titre légitimement éligible à la reconnaissance de son utilité publique et des mesures qui l'accompagnent. Les professionnels interviennent 24h/24 et 7j/7, sur l'ensemble du territoire, dans des conditions souvent dangereuses, pour évacuer les véhicules en panne ou accidentés et sécuriser les chaussées, des missions qui relèvent directement de la sécurité routière et de l'ordre public.

La branche demande la reconnaissance officielle du dépannage-remorquage comme service d'utilité publique, assortie de l'octroi de facilités et d'aménagements du Code de la route en intervention (priorité de circulation, encadrement du recours aux gyrophares, dérogations adaptées), comparables à ceux dont bénéficient les ambulances et les véhicules d'urgence. Ces mesures sont indispensables pour sécuriser les équipes intervenant en bord de route et garantir la rapidité de leurs interventions au bénéfice des usagers.

La crise des carburants, une menace pour la viabilité du secteur

Le secteur du dépannage-remorquage est particulièrement exposé aux chocs énergétiques. Le carburant représente environ 35 % des frais d’exploitation des entreprises de la branche, une proportion qui rend la profession extrêmement sensible à la volatilité des prix.

Les données collectées par la branche auprès de ses adhérents confirment l’ampleur de la dégradation. Entre le premier trimestre 2025 et le premier trimestre 2026, les achats de gazole d’une entreprise représentative du secteur ont progressé de près de 24 %, passant de 254 065 € à 314 667 € — soit un surcoût de plus de 60 000 € sur un seul trimestre. La hausse est particulièrement brutale au mois de mars 2026, où les volumes ont bondi de 55 % par rapport à mars 2025.

Depuis l'escalade géopolitique au Moyen-Orient et la hausse continue du prix du gazole intervenue à compter du 28 février 2026, la situation s'est aggravée. Les dépanneurs ne peuvent répercuter ces hausses sur leurs tarifs, ces derniers étant réglementés sur les autoroutes et négociés avec les sociétés d'assistance. Entre des tarifs figés et des coûts d'exploitation en envolée, les marges des entreprises s'effondrent.

A travers la mobilisation du 21 mai, la profession souhaite proposer la mise en place d’un mécanisme d’indexation du gazole, pour que le dispositif à destination de la profession soit pérenne.

Des coûts d'exploitation insoutenables et une crise du recrutement

Au-delà du carburant, les entreprises du secteur subissent une pression croissante sur l'ensemble de leurs coûts d'exploitation : hausse continue du coût des matériels d'intervention, augmentation importante des primes d'assurance, voire résiliation des contrats et coûts récurrents liés à un turn-over élevé des effectifs.

Cette pression économique se conjugue à une crise du recrutement profonde et structurelle. 60 % des recrutements sont plutôt difficiles ou très difficiles, et 61 % des entreprises imputent cette difficulté à des conditions d'emploi qui découragent les candidats (données 2024) : horaires décalés, astreintes, travail de nuit, ... La situation ne s’améliore pas, avec l'inflation des charges et l'absence de revalorisation tarifaire, qui continuent d'éroder l'attractivité du métier et la viabilité économique des entreprises.

En outre, l'électrification accélérée du parc automobile impose aux dépanneurs la prise en charge de véhicules électriques aux contraintes techniques nouvelles (risques d'incendie, dangers électriques spécifiques). La certification B2XL, bien qu'obligatoire, ne couvre pas l'ensemble des risques liés à ces interventions. Le secteur appelle à une clarification juridique des responsabilités en cas d'incident sur les véhicules électriques.

Enfin, une part importante du parc de véhicules de dépannage-remorquage est aujourd'hui composée de véhicules dont le poids total autorisé en charge (PTAC) est inférieur à 12 tonnes, à ce titre situé hors du champ de la taxe annuelle à l'essieu. Or, les nouvelles caractéristiques techniques imposées aux véhicules de dépannage par l'arrêté du 27 juin 2024 (entré en vigueur le 1er septembre 2024) concernant les équipements de sécurité renforcés, capacité de prise en charge de véhicules plus lourds, dispositifs adaptés à l'électrification du parc, conduisent mécaniquement à un alourdissement des engins d'intervention.

Une part croissante de la flotte va ainsi franchir le seuil de 12 tonnes et basculer dans le champ de la taxe, sans que cette évolution ne résulte d'un changement d'activité, mais uniquement de la mise en conformité avec une réglementation technique. Les véhicules de dépannage-remorquage circulent par ailleurs majoritairement à vide et n'assurent pas de transport routier de marchandises au sens classique du terme.

La profession demande en conséquence l'instauration d'une exonération expresse de la taxe annuelle à l'essieu pour les véhicules de dépannage-remorquage, indépendamment de leur PTAC, ainsi qu'une clarification du régime de remboursement partiel de la TICPE applicable au secteur, afin de sécuriser juridiquement la situation des entreprises et de reconnaître la spécificité de leur activité. Dans un contexte complexe pour la profession, les acteurs du dépannage-remorquage demandent également une révision de la grille tarifaire fourrière urgente et une indexation annuelle garantie pour la tarification autoroute.

La mobilisation du 21 mai permettra de porter ces propositions, essentielles pour l’avenir du secteur et la continuité de ce service public essentiel pour tous.

À propos de MOBILIANS

MOBILIANS est le premier mouvement des chefs d'entreprises du commerce et de la réparation automobile et des services de mobilité : voitures, motos, vélos, véhicules industriels, trottinettes, etc. Notre organisation professionnelle représente près de 145.000 entreprises de proximité et 560 000 emplois non délocalisables partout en France. MOBILIANS défend les intérêts individuels et collectifs des professionnels de la mobilité par la route et les accompagne dans les évolutions de leurs métiers. Il déploie une action prospective de développement durable et de promotion d'une mobilité individuelle ou partagée en lien avec toutes les parties prenantes.

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