Le 15 juin dernier, Jean-Pierre Farandou, ministre du travail, Sylvie Peretti, présidente du conseil d’administration de l’Anact (Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail), et Caroline Gadou, directrice générale, ont signé le nouveau contrat d’objectifs et de performance (Cop) de l’agence pour 2026-2030.

Premier Cop de l’établissement créé à la suite de la fusion Anact-Aract en 2023, cette feuille de route, qui s’inscrit en droite ligne du précédent contrat pour 2022-2025, fixe trois orientations : renforcer « les pratiques en faveur d’un travail soutenable »*, accompagner les évolutions « en matière de management et de dialogue », et « contribuer aux dynamiques territoriales en faveur de la qualité de l’emploi et du travail ».

Elle retient aussi cinq thèmes prioritaires :

  • les risques psychosociaux (RPS) et l’usure professionnelle,
  • le dialogue sur le travail,
  • l’égalité professionnelle et la santé des femmes au travail,
  • la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT),
  • les transitions numérique, écologique et démographique.

Le nouveau Cop insiste sur l’adaptation des outils et méthodes de l’Anact aux petites entreprises, en direct ou via les branches, les opérateurs de compétences (Opco), les consultants et les acteurs territoriaux.

Parmi les mesures concrètes à retenir :

  • expérimenter une charte « santé et sécurité des femmes au travail », en mobilisant « des entreprises volontaires, de tailles différentes » autour de sa conception et de son expérimentation (sans calendrier précisé dans le Cop) ;
  • explorer, en 2029-2030, « la pertinence et la faisabilité de la mise en place d’un observatoire des transformations du travail » ;
  • produire des repères autour d’indicateurs « Travail - Santé - Performance », afin de construire un positionnement sur « la qualité du travail comme critère de santé et de performance » ;
  • réaliser une étude sur « les pratiques des entreprises en matière de prévention des RPS et de prise en compte des questions de santé mentale », afin d’« enrichir le contenu des accompagnements des entreprises », avec, en 2027, « une note de positionnement sur la santé mentale » ;
  • mener, en 2027-2028, une étude de terrain sur les effets de l’intelligence artificielle (IA), en construisant « un partenariat d’étude lié à un secteur d’activités fortement impacté par l’IA » ;
  • lancer fin 2026 des groupes de travail sur le management et le dialogue professionnel, les RPS et la santé mentale, ainsi que les transformations liées aux transitions démographique, numérique et écologique ;
  • constituer, en 2026-2027, une offre de services sur le « management du travail », notion définie par le Cop comme la capacité des manageurs à « animer le dialogue, réguler la charge, ajuster l’activité en fonction du travail réel » ;
  • développer des expérimentations pour soutenir « l’évaluation différenciée des risques professionnels entre femmes et hommes », en les orientant vers « des secteurs à forts enjeux de mixité et d’intégration des femmes » ;
  • développer les pratiques de dialogue professionnel, notamment les « espaces de discussion sur le travail », avec un travail prévu en 2026-2028 pour « caractériser les configurations types de dialogue professionnel et leurs conditions de mise en place », puis un volet spécifique pour « renforcer le déploiement des espaces de discussion sur le travail dans les PME ».

Invitée à renforcer la visibilité de ses ressources, l’Anact est aussi tenue de faire moins mais mieux. Le nouveau Cop prévoit ainsi de « produire moins de ressources au global pour renforcer le travail facilitant la diffusion, la promotion, et l’appropriation des productions par les publics-cibles ». Cela devra notamment passer par une meilleure « adéquation entre les contenus et les publics-cibles », par la valorisation des productions « en s’appuyant sur les retours de terrains » et par la « mise à jour des contenus existants ».

 

*Ce nouveau contrat est le premier à faire apparaître cette notion, précisée ainsi en note : « Un travail soutenable du point de vue des conditions de travail, de la situation du salarié, de l’articulation des temps, du parcours professionnel et de la prévention de l’usure ; mais aussi du point de vue de la performance globale de l’entreprise, et de la préservation des écosystèmes naturels ».